Un jour comme les autres, alors que vous vous promeniez dans un endroit inconnu, vous avez été surpris en voyant une plante avec un tronc disproportionné.
En faisant les courses, vous êtes passé devant un fleuriste et votre regard s'est arrêté sur des petits cactus poilus et piquants.
Votre voisine qui déménage ne peut emporter avec elle son énorme Opuntia et vous propose de vous en occuper.
Peu importe comment, mais vous vous retrouvez avec une plante à propos de laquelle vous ne connaissez presque rien et dont vous n'avez aucune idée des besoins. Cette situation, bon nombre de personnes la vivent. Ce qui suit leur permettra normalement de ne pas perdre leurs plantes et encore mieux : de les voir fleurir.
Les différentes parties traitées sont les suivantes :
Si possible, avant d'acheter vos plantes, vérifiez différents points afin de ne pas les perdre et ne pas contaminer les autres qui étaient déjà chez vous.
D'abord, il y a les maladies de type pourriture et champignon. Elles sont reconnaissables par des taches anormales, des parties molles ou des couleurs bizarres. Si vous en détectez, surtout n'achetez pas la plante. Si vous ne le remarquez qu'après, il faudra la soigner. Je vous invite à aller sur le site de Kuentz pour l'identification des maladies.
Ensuite, il faut inspecter en détail le corps de la plante, voir s'il n'y a pas d'intrus. Si vous voyez des petites carapaces, ce sont des cochenilles ; si vous voyez de fins fils, ce sont des araignées rouges ; si vous grattez un peu le substrat et que vous découvrez des amas blancs cotonneux sur les racines, ce sont des poux des racines.
Il faudra alors impérativement mettre en quarantaine la plante malade et la traiter efficacement. En effet, les sales bestioles se multiplient très vite et n'hésitent pas à voyager. Pour trouver un traitement adapté vous pouvez consulter le site de Kuentz.

Attaque d'araignées rouges sur Adenium arabicum
Une règle d'or pour éviter d'introduire des maladies ou des parasites est la suivante : rempoter chaque nouvelle plante que vous achetez, beaucoup se dissimulant dans le substrat.
Essayez de débarrasser au maximum l'ancien substrat des racines de la plante. Si c'est de la tourbe bien sèche (malheureusement souvent le cas) et que la plante n'est pas trop petite, faites tremper la motte et passez-la sous un jet puissant. La tourbe a la particularité de sécher lentement et de se réhydrater très difficilement.
Une fois que vous avez débarrassé et inspecté votre plante, il faut lui choisir un pot. Deux choix s'offrent à vous : les pots en plastique ou ceux en terre cuite.
Les pots en terre cuite ont l'avantage de permettre à la motte de sécher rapidement, ce qui permet de limiter les erreurs d'arrosage. Par contre ils sont assez chers et presque toujours ronds. Eh oui, ceux qui ont de grandes collections doivent faire attention à ne pas perdre de place inutilement. Pour un même encombrement un pot rond a une capacité de 1/4 moindre qu'un pot carré.
Ceux en plastique sont moins chers, incassables et sont très répandus, autant en forme carrée que ronde. Le seul inconvénient est le fait que la motte reste humide plus longtemps, donc ils sont à bannir pour les plantes ne tolérant pas les erreurs d'arrosage.
Prévoyez un diamètre de pot au minimum deux doigts plus grand que la largeur de la plante, sinon elle va être vite serrée. Pour les plantes à racine napiforme, prévoyez un pot plus profond que large. En grandissant la racine peut faire éclater le pot comme s'il était en papier.
N'utilisez que des pots comportant des trous de drainage au fond. S'il n'y en a pas, percez-en !
Vous avez votre plante prête à être rempotée et votre pot. Que vous manque-t-il ? Ah oui, le substrat !
Une plante résistant à la sécheresse a tendance à pourrir en présence d'une humidité trop importante. C'est pourquoi il faut, par sécurité, installer un lit de gravier grossier, au cas où un peu d'eau stagnerait au fond du pot.
Le substrat de base, dit des trois tiers, est simple à réaliser et plutôt efficace. Il consiste à mélanger en proportions égales des matières drainantes (sable de rivière, gravier, pouzzolane, pierre ponce, ce que vous avez sous la main), du terreau classique et de la terre de jardin. En fonction de la plante, les proportions doivent être adaptées, en rajoutant par exemple des matières drainantes.
Pour aller plus loin, vous pouvez vite vous amuser à composer vos mélanges :) Vous pouvez rajouter un peu de vermiculite pour alléger l'ensemble, de la poudre d'os et de la cendre comme engrais et acidifiant, et j'en passe. Chacun trouve sa petite recette personnelle avec le temps, il n'y a pas de recette magique.
Dans le cas où la plante à rempoter est très piquante et difficile à prendre avec les doigts, vous pouvez utiliser une pince à biberon ou carrément enrouler une serpillière autour (sauf si les aiguillons sont crochus).
Après un hivernage dans un milieu ombragé ou dans un carton, la plante ne peut pas être directement placée au soleil sous peine d'être brûlée, ce qui n'est vraiment pas beau. Il en est de même pour les plantes qui étaient derrière une vitre. Celle-ci filtrant 99% des ultraviolets, elles seront brûlées si vous les déplacez sous du soleil direct.
Il est très important de fournir de la lumière lors de la reprise de la végétation, sinon il y a risque d'étiolement.
Comment faire face à ce paradoxe ?
L'astuce est de les acclimater et de les réhabituer au plein soleil, sans les stresser, sur plusieurs jours en les protégeant de moins en moins.
Premièrement, si les plantes étaient dans des cartons, placez les à un endroit lumineux où le soleil ne tape pas directement. Au bout d'environ une semaine, quand elles ont fini de se réveiller, vous pourrez alors les placer en plein soleil ... enfin pas tout à fait.
Au début, recouvrez-les d'un voile d'hivernage plié une ou deux fois. Tous les 2-3 jours, enlevez une couche et au bout d'environ une semaine elles seront normalement capables de résister aux ultraviolets. C'est comme si pendant cette semaine elles avaient bronzé petit à petit, sans coup de soleil. Attention, dans le décompte des jours, il ne faut pas tenir compte des jours nuageux, car même si les nuages laissent passer des UV, ce n'est pas suffisant pour que les plantes créent leur protection.
Non je ne vous prends par pour des abrutis finis, mais il me semble utile de rappeler certaines choses. Une plante résistant à la sécheresse aime l'eau, mais la plupart du temps c'est elle qui les fait mourir. Etrange n'est-ce pas?
Lorsque vous arrosez, vérifiez toujours que le substrat est complètement sec. Dans le doute attendez 2-3 jours, la plante n'en souffrira pas car elle a des réserves. Après arrosage, ne laissez pas les coupelles pleines d'eau jusqu'à ce qu'elle s'évapore, mais videz-les. Cela évitera à la plante de pourrir ou d'éclater.

Turbinicarpus schmiedickeanus ssp schwarzii éclaté
Privilégiez l'eau de pluie que vous pouvez facilement recueillir avec une citerne à la sortie d'une gouttière. L'eau de pluie est légèrement acide alors que celle du robinet est parfois très calcaire. Or vous devez savoir qu'une plante préférant un milieu basique (calcaire) tolère un milieu acide, mais pas l'inverse.
De plus l'eau calcaire laisse des traces blanches avec le temps, altérant la beauté des plantes.
Surtout n'arrosez pas une plante qui est en plein soleil. Ses cellules pouvant être très chaudes, l'eau froide la brûlera. De plus, l'effet loupe des gouttes d'eau sur la plante peut augmenter la concentration des rayons du soleil sur elle et la brûler.
En ce qui concerne les apports d'engrais, vous pouvez en faire de temps en temps tant que ce n'est pas directement après l'hivernage, sinon cela brûlerait les racines.
Que de brûlures devez-vous vous dire ! Rappelez-vous qu'une plante succulente meurt la plupart du temps d'excès d'eau.
En octobre la luminosité devient faible, la durée d'ensoleillement diminue et la température baisse (sniff :'(). Les plantes entrent alors en sommeil. Les feuilles sèchent et la croissance est stoppée. Il faut alors réussir à leur faire passer l'hiver sans casse et les préparer à fleurir au printemps.
Dès que les nuits ont tendance à être fraîches, diminuez en quantité les arrosages, progressivement de manière à ne pas stresser les plantes. Vous devez connaître les températures minimales supportées par vos plantes avant toute chose. En fonction de la température, rentrez-les dans un endroit sec et frais. Cela peut être dans votre grenier, une pièce non chauffée, une cave.
Comme elles ne poussent plus, la lumière n'a plus d'importance. Il faudra simplement les acclimater au printemps. La température de la pièce ne doit pas descendre en dessous de celle minimale supportée par la plante la plus fragile. Ça, c'est pas un scoop. Néanmoins, il faut qu'elle en soit proche, car la plante par un réflexe biologique de survie aura une plus grande probabilité de fleurir dès l'arrivée de meilleures conditions. En effet une plante ne fleurit que pour perpétuer l'existence de son espèce, car qui dit fleur dit graines :)

Gymnocalycium gibbosum ratatiné en mars
À partir de là, vous n'avez plus qu'à attendre. Vérifiez de temps en temps pendant l'hiver si des plantes ne se font pas envahir par des insectes, des maladies, etc.
Quand le printemps arrive, vous pouvez alors les acclimater au soleil et recommencer les arrosages de manière très prudente et progressive. Ne donnez que "quelques gouttes" au début. Il se peut que vos plantes aient un air complètement ratatiné car elles pompent dans leurs réserves d'eau en hiver, mais ne vous inquiétez pas. Au bout de quelques semaines elles seront à nouveau bien gonflées.

La même plante fin août
v. 2.2
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